signature du MERCOSUR

L’Union Européenne, sans la France,

et les pays du MERCOSUR

signent le traité après plus d’un quart de siècle

de négociations

 

MERCOSUR est l’acronyme utilisé pour nommer le Marché Commun des Pays du Sud – composé aujourd’hui de l’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay. Le Venezuela est suspendu depuis . On trouve également des pays associés tels que le Chili, la Colombie, le Pérou ou l’Équateur.

C’est en 1991 que les premières discussions entre les pays d’Amérique du Sud définissent les premiers axes .

Un accord-cadre est signé avec l’Union Européenne en 1995.

L’accord signé le 17 janvier concerne deux orientations : l’une relative à l’industrie et la seconde sur l’agriculture.

D’un point de vue industrielle, l’accord du Mercosur ouvre un gigantesque marché pour les entreprises européennes avec des taux de douane très réduits.

Pour ce qui concerne l’agriculture, ce second point entraîne incompréhensions et manifestations en France amenant le Président de la République à refuser de signer l’accord.

La France demandait, notamment la mise en place de clauses miroirs pour imposer des règles identiques entre les produits échangés entre l’Union Européenne et les pays du MERCOSUR.

Après la signature par la Présidente de la Commission Européenne, Madame Ursula von der Leyen, le traité doit être validé par les 720 députés européens.

Tout n’est pas fini….

Dernière minute (21/01/26//13h19) : À dix voix près, le Parlement européen, réunit à Strasbourg le 21 janvier 2026, a voté pour la saisie de la Cour de Justice de l’Union européenne (334 pour / 324 contre)

pour en savoir plus

 

 

Discours de la Présidente von der Leyen

à l’occasion de la signature de

l’accord de partenariat UE-Mercosur

Asunción, le 17 janvier 2026

« Seul le texte prononcé fait foi »

Monsieur le Président Peña,

Monsieur le Président Milei,

Monsieur le Président Orsi,

Monsieur le Président Paz,

Monsieur le Président Mulino,

Monsieur le Président Costa, cher António,

Monsieur le Ministre Vieira, cher Mauro,

Mesdames et Messieurs les députés,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un honneur d’être ici avec vous dans la magnifique ville d’Asunción, au cœur de

l’Amérique latine, et dans l’enceinte même où le traité fondateur du Mercosur a été signé. Cet endroit

est chargé d’histoire, il nous rappelle ce moment où des nations d’Amérique latine ont choisi la

coopération plutôt que la division, ont rejeté la rivalité et réaffirmé la démocratie et ont réuni les

peuples par-delà les frontières et les fleuves. En tant qu’Européenne, ce choix ne peut que faire écho

en moi et m’inspirer le plus grand respect pour l’ambition et le courage qu’il a exigés. Mon premier

message est donc simple : merci de nous réunir et de nous accueillir en ce lieu historique. Aguyje,

Paraguay.

Mais ce moment-ci appartient à toutes les nations du Mercosur : à l’Argentine, au Brésil, à l’Uruguay

et au Paraguay. Car il ne s’agit pas seulement cette fois de rassembler des pays, mais de relier des

continents, et chacun des pays du Mercosur a travaillé dur pour parvenir à ce résultat. Ainsi,

aujourd’hui, dans cette enceinte, nous signons une fois de plus un document important, un nouveau

partenariat entre le Mercosur et l’Europe. Cela fait 25 ans que cet accord est en gestation. Bien des

mains ont contribué à le façonner sans relâche. Il a survécu à des changements de gouvernement et

à une pléthore de réunions. Et nous savons tous qu’il a encore fallu un dernier effort, au tout dernier

moment, pour que nous soyons réunis ici aujourd’hui. Nous sommes en train de créer la zone de

libre-échange la plus vaste du monde, un marché qui représente près de 20 % du PIB mondial. Un

marché qui offrira d’innombrables opportunités à nos 700 millions de citoyens. Cet accord envoie un

signal fort au monde. Il est l’expression d’un choix clair et délibéré. Nous choisissons le commerce

loyal plutôt que les tarifs douaniers, nous choisissons un partenariat productif à long terme, et,

surtout, nous avons l’intention d’apporter des avantages tangibles à nos peuples et à nos entreprises.

Permettez-moi de souligner trois points. Premièrement, les avantages économiques de ce partenariat.

Ils sont clairs comme de l’eau de roche. Aujourd’hui déjà, l’Europe est le deuxième plus grand

partenaire commercial du Mercosur et le premier investisseur étranger dans la région. Cet accord

supprimera les droits de douane et autres entraves au commerce, il ouvrira les marchés publics. Il

fournira un cadre clair fondé sur des règles afin d’encourager la circulation des investissements et des

marchandises. Et cela profitera grandement aux entreprises des deux parties, y compris les 30 000PME européennes qui exportent déjà vers cette grande région. Une augmentation des exportations

créera également des emplois, aussi bien ici qu’en Europe.

Deuxième point : je tiens à souligner la manière dont cet accord va servir nos ambitions en lien avec

la protection de la nature et du climat. Il contient un chapitre important sur le commerce et le

développement durable. Par cet accord, nous nous engageons à nous aider mutuellement à opérer la

transition vers la neutralité climatique. L’Europe obtiendra un meilleur accès aux matières premières

dont elle a besoin pour accomplir sa transition, et des investissements européens soutiendront les

pays du Mercosur dans leur propre transition. Voilà ce que devrait être le commerce international :

des partenaires disposant d’atouts complémentaires qui s’épaulent mutuellement. Nos citoyens

peuvent en être sûrs : les intérêts de leurs enfants et leurs petits-enfants comptent parmi nos

préoccupations premières.

Troisième point : on ne saurait trop insister sur le poids géopolitique de cet accord. Nous œuvrons

actuellement à la création d’une plateforme qui permettra de travailler sur toute une série d’enjeux

planétaires, allant de la protection de notre environnement naturel, si précieux, à la réforme des

institutions mondiales. Nous unirons nos forces comme jamais auparavant, parce que nous sommes

convaincus que c’est la meilleure façon d’assurer la prospérité de nos peuples et de nos pays. Et,

quand nos deux régions parleront d’une seule voix au sujet des problèmes mondiaux, le reste du

monde prêtera l’oreille.

Mesdames et Messieurs,

J’ai récemment eu l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le grand poète paraguayen Augusto Roa

Bastos. Cet auteur a passé plusieurs années de sa vie en Europe — plus précisément en France, à

Toulouse. Il y a non seulement fondé une famille, mais aussi enseigné la littérature latino-américaine

et la langue guarani à des étudiants européens enthousiastes. Son histoire est aussi celle

d’innombrables personnes, pas uniquement ici, au Paraguay, mais également en Argentine, au Brésil,

en Uruguay et aux quatre coins de l’Europe. De personnes qui ont voyagé par-delà l’océan, qui ont

noué des liens d’affection avec nos deux continents et qui les ont rendus meilleurs. Les liens entre le

Mercosur et l’Europe sont profonds. Nous partageons une culture et des valeurs communes, et un

cheminement semblable vers l’intégration régionale. Aujourd’hui, nous allons plus loin en actant un

partenariat qui exprime toute l’ampleur de nos relations. Nous transformons notre amitié en une force

accrue — pour le Mercosur comme pour l’Europe.

Pour finir, je tiens à vous remercier encore une fois de votre hospitalité. Longue vie à l’amitié entre

l’Europe et le Mercosur. Muchas gracias.

 

 

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